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De toute évidence, courir est aujourd’hui à la mode. Le running est un loisir, un plaisir. La télévision parle même de drogue concernant la course à pied. Mais, la question qu’il est utile de se poser : « l’homme est-il fait pour courir ? ».

Nous sommes des êtres pensant

On est dans une civilisation de l’esprit. Nous sommes des « Homos Sapiens », des hommes savants. De tous les animaux, l’homme est celui qui a le cerveau le plus développé et le plus performant. L’intelligence est la faculté qui nous a permis de prendre l’ascendant sur le règne animal. Les capacités de notre esprit en terme de mémoire, d’imagination et d’abstraction expliquent le succès de l’espèce. C’est donc l’intelligence qui caractérise en premier lieu l’être humain d’aujourd’hui.

L’homme ne court pas vite

Shih tzuPar ailleurs, l’homme ne court pas vite. En vitesse de pointe, nous sommes battus à plat de couture par tous les animaux de la savane et même par les chiens. Bien évidemment, on pourra battre le Shih tzu ci après, mais les lévriers peuvent courir jusqu’à une vitesse maximale de 74 km/h.

Usain Bolt plafonne lui à une vitesse maximale de 44 km/h ( vitesse entre les mètres 60 et 80 lors de son record du monde sur 100 mètres de 2009). Dans le règne animal, le record de vitesse est détenu par le guépard pouvant dépasser les 100km/h.

On se blesse tout le temps

Tout coureur régulier a au moins une fois connu la blessure. Une statistique(1) mesurant la fréquence des blessures a montré que l’on se blessait au moins une fois tous les 400h de course. On peut ainsi avancer que trois coureurs sur 10 se blessera cette année (2). Et sans surprise, la blessure la plus fréquente est la tendinite du genou.

Mais si l’homme a survécu, c’est parce qu’il s’est mis à courir

Il y a deux millions d’années, les premiers prototypes pré-humains ne disposaient d’aucune arme. Ils sont donc devenus des charognards. L’homme se serait d’abord mis à courir pour arriver en premier sur les gibiers abandonnés par les prédateurs. Ainsi, ils se sont distingués des autres grands singes en développant leur aptitude à la course. 

Les anciens hominidés se sont aussi spécialisés dans la chasse. Sans arme efficace, les hommes des savanes se sont fait adepte d’une technique chasse appelée « la chasse à l’épuisement ». Cette méthode consiste à traquer les proies jusqu’à leur épuisement. Pour cela, les hommes pouvaient compter sur un meilleur système thermo-régulation. Grâce à la transpiration, l’homme est capable de maintenir son corps à température constante et ainsi courir des dizaines de kilomètres sans s’arrêter. Alors que la majorité des autres espèces, les chiens par exemple, doivent haleter pour réguler leur température et donc s’arrêter pour se refroidir. Ainsi, si l’homme poursuit un animal suffisamment longtemps, il peut le rattraper et le tuer facilement, car le gibier épuisé ne peut même plus fuir. Cette technique a continué à être utilisé jusqu’à notre époque contemporaine dans le sud de l’Afrique. 

Ainsi, les hommes préhistoriques en se nourrissant de viande ont pu bénéficier d’un apport de graisses et de protéines régulier dans leur alimentation. Un tel changement de régime a contribué à façonner le cerveau bien nourri et développé de l’homo sapiens tel qu’il est devenu aujourd’hui.

Nous sommes fait pour courir de longues distances

Homme contre chevauxCertes, l’homme ne court pas vite… mais sur longue distance nous ne craignons personne. D’un point de vue anatomique, l’homme a évolué par rapport aux premiers primates : les jambes et les tendons d’Achille se sont allongés , les épaules sont devenues moins larges, les bras plus courts, les orteils se sont raccourcis, la voûte plantaire s’est surélevée et les muscles fessiers se sont développés, et ajouté à cela notre mécanisme de transpiration sophistiqué. Ainsi, deux millions d’années d’évolutions ont transformé l’homme en animal spécialiste de la course longue distance.

Dans cet exercice, nous sommes au top du palmares du monde animal à égalité avec les chevaux. Chaque année, une course de 35 km homme contre chevaux est même organisé à Llanwrtyd Wells au Pays de Galles sur un parcours vallonné et boueux. En général, le cheval s’impose, mais les courses sont serrés et les humains comptent deux victoires sur 34.

Les blessures viennent de notre technique de course

Le mode de course le plus souvent rencontré est la foulée sur talon. Le pied lancé en avant présente le talon en premier ce qui induit à l’impact un pic de force brutal et traumatisant pour les articulations et les tendons notamment du genoux. Depuis 35 ans que les chaussures hors de prix et high-tech avec fort amorti existent, aucune étude n’a prouvé leurs capacités à prévenir les blessures. 

Alors la blessure est-elle une fatalité pour le coureur ? Eh bien, Non! Courir est certes facile, mais on oublie souvent qu’il y a une technique à maîtriser pour bien courir. Pour connaître cette technique, il suffit d’observer les champions africains (Kenyans, Ethiopiens, etc ..). Ces coureurs adoptent technique de course adéquate, la foulée médio-pied dès leur plus jeune age. Cela car faute de moyens, ils ont commencé tout simplement à courir pieds nus. Ils ont ainsi appris à courir sur la pointe et l’avant du pied. Et, ils deviennent de grands champions dès lors qu’on leur donne des chaussures de course. Tandis que l’homme occidental, habitué à porter des chaussures depuis toujours a le pied faible et peu musclé (oui il y a des muscles dans le pied).

Comment réapprendre à courir ?

En courant pied nus ou presque ?  Oui, c’est ce qu’on appelle la course minimaliste.

Five fingers

La course minimaliste est la manière dont l’homme a couru pendant des centaines de milliers d’années et qui redevient tendance surtout aux états-unis depuis la publication du livre Nés pour courir (« Born to run »). Cela consiste à courir pied nus, ou avec des chaussures très souples sans amorti et avec une différence de hauteur entre le talon et l’avant du pied de zéro (on appelle ça le drop). Il existe même des chaussures en forme de gant pour les pieds, les five fingers.

Mais, il y a un « mais » … cela n’est pas si facile que ça. La course minimaliste augmente le stress sur le pied, le mollet et le tendon d’Achille. Le port exclusif de la chaussure depuis notre plus jeune age nous ont transformé en « pied tendre ». Un passage trop rapide de la chaussure « maximaliste » à la chaussure minimaliste pourrait causer aussi des blessures sur ces zones. Il convient donc de faire une transition très lente de l’un à l’autre. La règle à suivre est la règle du plus 1 minute par entrainement. On augmente la durée du port de chaussure minimaliste d’une minute par entrainement. On commence donc par 1 minute, puis 2 minutes, puis 3 etc … 

Autre inconvénient des chaussures minimalistes, elles protègent peu le pied ce qui peut être gênant dans la pratique du trail,  notamment en terrain très rocailleux.

Courir n’est qu’un retour aux sources

Ainsi, la course à pied n’est ni une mode, ni une drogue mais n’est qu’un juste retour aux sources … Par exemple, si on observe une cour de récréation, que font la plupart des enfants ? Ils courent. Dans notre monde sédentaire, on ne peut que se féliciter cette tendance qui s’accompagne souvent d’une alimentation et d’une hygiène de vie plus saine. Et n’oubliez pas, quelque soit la vitesse à laquelle vous courez, vous irez toujours plus vite que celui qui reste dans son canapé.

Sources : 

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